Hommage à Joël ROCHE
Nous avons la bien triste nouvelle de vous apprendre le décès du graveur Joël Roche, disparu à 75 ans le vendredi 27 juin 2014, des suites d’une longue maladie. Né en 1939 à Clermont-Ferrand, cet artiste, Grand prix de Rome de Gravure, avait mis sa technique parfaite au burin au service d’un imaginaire surréaliste qui aboutissait à la réalisation d’œuvres denses et rigoureuses, faites d’une myriade d’éléments (insectes, minéraux, échiquiers, polyèdres, prismes-femmes…) célébrant la richesse foisonnante du vivant.
De sa discipline sévère, Joël Roche disait : « Le burin crisse aigre sur le cuivre, j’aime entendre le son inaudible au bout du doigt pousser un trait, chaque millimètre est à l’aventure. L’eau se referme derrière l’étrave du navire, la terre se referme derrière le soc de la charrue, le cuivre reste ouvert derrière le bec du burin. Trace nette, prête à accueillir l’encre fluide, je sais à chaque fois que la moindre pression sera un gris, un gris, ou un autre gris, tailles entrecroisées jusqu’au noir profond. »
Sa dernière grande exposition remontait à Gravures, Artistes de l’Atelier Parenthèse (28 février – 6 avril 2013), manifestation collective à la galerie L’Echaudé parmi d’autres manifestations comme le salon des Artistes Français sous la verrière du Grand Palais ou la journée de l’estampe auxquels Joël participait chaque année. En plus de ses gravures au tracé architectonique très élaboré, les visiteurs avaient pu découvrir au cours de cet événement les œuvres des élèves de l’atelier Parenthèse. Car, en plus d’être artiste, Joël Roche était aussi pédagogue et cet homme généreux, au contact facile, prenait un vif plaisir à apprendre les techniques de la gravure (burin, pointe sèche, manière noire…) à des « élèves artistes » venus des quatre coins de la planète : France, Chine, Grande-Bretagne, Chili, Russie, Japon, Argentine, Corée, Bosnie, Espagne… Pour tous ses élèves, l’atelier Parenthèse de Joël Roche était, à l’instar de son œuvre gravé, « une parenthèse dans la grisaille des jours ».
La Galerie L’Echaudé

